«Il en est des conseils comme des médicaments ; les plus amers sont les meilleurs.»
[ Rabindranàth Tagore ] - Amal et la lettre du roi
1-Nous demandons que rapidement nos politiciens deviennent des hommes ou femmes politiques tellement absents aujourd’hui. La politique est la gestion de la « cité » et qui dit gestion dit création, analyse, mise en œuvre et surtout ponctuation par contrôle. Hors aujourd’hui la mondialisation est imparable et le libéralisme par conséquent est reconnu comme indispensable dans notre société qui décline dans sa civilisation. Il est clair qu’aucune régulation de tous les aspects économiques d’aujourd’hui n’est prévue et qu’aucun contre pouvoir positif ne se manifeste. Voyons-en les méfaits dans des écrits de Marco van Hees ou des conférences d’Eva Joly entre autres. Pourquoi le « pouvoir » s’éloigne-t-il ainsi de la sagesse populaire ?
2-La politesse des hommes publics (et pas rien que politiques) fait souvent défaut. Pour ce qui concerne les politiques, la partitocratie a depuis longtemps remplacé la démocratie en Belgique et dans un lointain passé, le « Pourquoi Pas » avait lancé à la veille d’élections l’idée de voter pour le dernier des listes de manière à contrarier le poll imposé même aux divers comités d’Arrondissement (qui entre nous ne représentent pas un grand pourcentage des électeurs potentiels). Cette idée avait tellement bien fonctionné que cette place est devenue pour ces Messieurs, une place dite de combat.
Ne pourrait-on envisager à la veille de prochaines élections une campagne qui pousserait les électeurs, tout en respectant leurs propres convictions de voter pour le quatrième suppléant, par exemple?
3-J’ai reçu comme tout le monde avant nos élections communales 2006, un « Dico des électeurs » et il m’appartient d’y apporter quelques remarques à propos de son contenu.
S’il est clair que le citoyen se sent de plus en plus ignoré par le monde politique, il faut bien reconnaître que depuis quatre élections au moins, tous partis confondus, il nous a été dit, « nous vous avons compris, nous devons changer quelque chose ».
Vous avez dans les faits voulu changer mais il aurait été plus citoyennement correct de prendre en compte tout simplement « la Démocratie », terme qui dans le chef des hommes politiques d’aujourd’hui n’a plus tout son sens.
Tout d’abord dans les principaux partis les candidats sont désignés par des Comités de sages. Qu’est ce qu’un sage? Aux yeux des partis des gens bien installés et qui pensent détenir la vérité, mais ce n’est trop souvent que la leur. Ces listes sont donc élaborées puis présentées à quelques militants qui acceptent une liste préétablie. La démocratie voudrait que les militants composent cette liste. Cette liste a donc été établie et selon les nouvelles règles, le candidat qui aurait le plus de voix dans la majorité simple ou composée serait le Bourgmestre. Faux puisque déjà les partis ont contourné la nouvelle contrainte par des obligations lors du vote de l’acceptation de la susdite liste de candidats de l’obligation pour ceux qui auraient le plein de voix de se désister pour laisser place au Bourgmestre sortant (et ce n’est pas légalement incorrect). C’est un deuxième coup de pied à l’encontre d’une démocratie. Troisième remarque, des ententes pré électorales sont toujours possibles et donc détruisent les effets d’une démocratie bien conduite.
J’en arrive à la triste constatation que nous vivons sous le joug d’une « partitocratie », prémice d’une dictature d’hommes pour qui le populisme reste l’apanage des gens en place, de promesses non sanctionnées par un programme réaliste et réalisable, voir souhaitable. A telle enseigne que les listes sont faites de gens qui n’ont pas encore imaginé individuellement un programme constructif pour notre société et qu’ils sont souvent le reflet d’un programme établi d’emblée sous la houlette d’un comité restreint.
4- Réflexions, suggestions… pourquoi pas ?
Notre démographie est dans une phase critique telle qu’elle devrait être parmi les sujets les plus importants à méditer.
Notre espérance de vie est passée de 50 ans à 76 ans et plus sur 5 décennies. Au départ nous avons connu la création d’une caisse de pensions alimentées par les retenues salariales, patronales et un peu par les impôts. De plus ou moins huit personnes qui alimentaient la pension d’un retraité, nous arrivons à près de deux personnes pour un retraité, ce qui amène les impôts à compenser de plus en plus cette caisse. Nous arrivons dans une phase désastreuse et il ne semble pas que cela émeuve outre mesure quiconque. Il s’agit pourtant d’une crise prochaine qui va atteindre nos successeurs retraités. Il est donc essentiel de promouvoir des emplois tous azimuts et se poser des réflexions sur le laxisme apporté devant l’exportation de nos jeunes diplômés vers l’extérieur (ces jeunes étant issus surtout de citoyens nantis), devant l’exportation de notre industrie sans chercher à compenser par le dynamisme des entreprises, petites et moyennes, qu’on méprise trop souvent, et s’attaquer au laxisme des allocations de tous genres allouées sans contrôle réel ni discernement.
Nous sommes amenés à importer de la main d’œuvre extérieure (notamment dans la construction via la Pologne ) alors que nous disposons de jeunes qualifiés en chômage mais qu’on autorise à refuser des emplois sous le prétexte de trop longs déplacements à effectuer, par exemple.
Nous acceptons délibérément que les peu nantis soient obligés pour vivre dans la dignité de travailler à deux dans la même famille, laissant sans motivation, éducation et instruction, des jeunes qui ne sauraient que grossir le rangs des inactifs et donc acteurs d'incivilités.
Peut-être serait-il aussi bon de faire calculer par une commission de fonctionnaires (pas ceux qui ajoutent indûment 883.000.000 € au crédit de notre budget national) la possibilité de prendre en compte le coût de trois chômeurs, d’en remettre deux au travail avec cette somme (les apports des deux à l’ONSS et précomptes devraient y arriver ou peu s’en faut) et l’apport dans le circuit économique de ces deux travailleurs pourrait un peu aider au paiement du troisième. Pourquoi ne pas tenter de répondre à cet essai ?
5- Et si on prenait le temps de commencer par le début ?
J’entends beaucoup parler d’environnement, de sécurité, de violences, d’emplois, de logements. J’en entends parler mais il n’apparait aucune solution à court terme et ces discours me paraissent tellement stériles que je pense qu’il faudrait le courage (même s’il n’est pas payant en termes d’électeurs immédiatement) de s’attaquer à la source de tous ces débordements sociaux. Tout le monde est d’accord pour reconnaître que Mai 1968 a cassé tous les repères sociaux et qu’on ne peut que constater que l’autodiscipline est un leurre.
Il es donc grand temps qu’on s’attaque au vrai mal, c'est-à-dire le manque d’éducation ou de la part qu’on lui consacre. Il devrait être clair que tous participent à l’éducation, c'est-à-dire le positionnement de balises. En effet la diminution de liberté individuelle est indispensable à une liberté collective. Mettre à la disposition de quiconque un beau logement sans lui intimer l’injonction de le maintenir en état de propreté et d’entretien ne solutionne pas la disposition d’un « chez soi » pour les suivants. Avoir des emplois disponibles, et c’est le cas aujourd’hui, avec en contrepartie un taux important de chômeurs, démontre que les efforts d’éducation et d’instruction n’ont pas été bien ciblés. Se gargariser de problèmes d’environnement quand on ne met pas à disposition des moyens de transport en commun fiables et que les moyens scientifiques en notre disposition aujourd’hui ne sont pas utilisés (véhicules routiers des transports voyageurs en énergie propre, par exemple) semble futile. La sécurité et la violence, relativement liés, voient une solution dans la présence d’éducateurs et de policiers compétents dans la rue plutôt qu’en civil dans des bureaux.
Je ne peux que souscrire au programme qui consiste à l’exemplarité des responsables (politiques, chefs d’entreprises, organisateurs de manifestations sportives et autres) et au suivi du travail de tous ceux qui sont au service du public et pour qui le souci de perte d’emploi est une sécurité appréciable aujourd’hui.
Tout le monde remplit-il bien son rôle dans la société et ne faut-il pas se poser d’abord la question du devoir imposé à tous dans les tâches pour lesquelles ils sont payés et ne pas crier en permanence au manque de moyens tant qu’on n’utilise pas correctement ceux dont on dispose ?
Et si on créait rapidement des ligues de devoirs de citoyens, de femmes et d’enfants ?
6.L’enfant ne vient pas méchant au monde. Il le devient dans sa vie pour de nombreuses raisons, surtout par la contrepartie de ses complexes, timidités, handicaps de taille, de couleurs de cheveux et que sais-je encore.
Les responsables de l’éducation qui doivent contrer ce phénomène sont :
moralement, les parents jusque 4 ou 5 ans selon les psychologues puis les adultes citoyens qui les entourent.
par devoirs de fonctions de service au public, les politiques dont la responsabilité est très lourde, les enseignants, les policiers, les magistrats, les éducateurs, les chauffeurs de bus, les contrôleurs de trains et la liste n’est pas exhaustive.
Je suis convaincu que le monde politique doit se ressaisir sans tarder car c’est à ce stade que les choses vont le plus mal. J’ai entendu dans le passé un ministre me dire que l’insécurité n’était pas réaliste mais avait pour origine une psychose collective. Trois jours plus tard je le voyais traverser la Place Verte à Verviers avec son gamin à l’époque (ce dernier est maintenant ministrable) entouré de deux gardes de corps. Cherchez l’erreur ?
Nous devons rechercher des hommes ou des femmes d’état qui ont disparu avec les appointements qui sont octroyés aux politiques. Je rappelle que nous avons eu des hommes d’état, des hommes qui géraient la Belgique parfois avec l’aide de leur propre fortune et souvent sans souci matérialiste. Puis-je rappeler des noms comme les Ministres Vanzeeland, Buisseret, Destenay, Jean Ray, Achille Vanacker. Ces gens n’ont pas laissé de successeurs et tout réside en cet état.
L’éducation est la solution à tous les problèmes pour lesquels on fait semblant de se battre tels que le chômage (aimer de travailler et comme dans un lointain passé retrouver la fierté de voir prospérer un patron), tels que les logements qui trop peu nombreux sont en plus rendus inutilisables par la non gestion en bon père de famille, la sécurité par l’absence de sanctions immédiates et dissuasives, l’enseignement par l’augmentation d’analphabètes, on n’apprend plus à lire et à écrire, l’humilité dans les revendications, l’orgueil ayant été remplacé par la vanité. Etc. ...