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Les jeunes ont grand besoin de rencontrer aujourd’hui des adultes qui soient fermes.
La fermeté n’a pas pour but d’interdire le dialogue, mais au contraire de le rendre possible (en effet ne sont-ce pas plutôt les attitudes de chantage qui empêchent en fait le dialogue de s’installer ?). Les attitudes de fermeté ne sont en aucun cas contradictoires avec l’expression de l’affection.
La sanction fait partie de l’éducation. Il s’agit de responsabiliser le jeune, en le gratifiant pour ses contributions (il est des « sanctions » positives), et en cas de transgression, en lui permettant de réparer les effets (il est des sanctions « réparatrices »). Ne pas sanctionner, c’est déresponsabiliser.
Il faut aujourd’hui réhabiliter la sanction d’un point de vue éducatif. Je préfère ce terme de sanction à celui de punition. En effet, on sanctionne un acte, par contre on punit une personne. La punition est souvent humiliante, alors que la sanction est responsabilisante.
C’est que, l’air de rien, le temps passe. Au jeune âge tout bouge et bouge vite tandis qu’un grand père voit le temps qui passe. Bien sûr il bouge aussi mais plus avec tout et lui, en tout état de cause, ne bouge plus rapidement. Il a donc beaucoup de moments à penser, à se remettre en question. Ce qui est injuste puisque lui a tous loisirs pour bouger, danser et boire ses whiskys et ne peut plus trouver de jeunes et gentilles filles pour partager son bonheur.
Pensez-y un peu et pourquoi ne pas me refiler un peu de ces moments de folie fatigante certes mais combien joyeuse pour vous permettre (et jugez de mon immense bonté à votre égard) de vous reposer.
Ce serait une manière de me faire un cadeau et chacun sait que donner est plus enrichissant que recevoir. Comprenez-vous la générosité de ma démarche ?
Et Quoi?
Solitude de l’homme, solitude de l’humain !
Solitaire sûrement mais solitude pourquoi ? Les présences ou absences des êtres chers sont autant de petits anges qui s’ébrouent dans notre paradis. Que les méandres du cerveau soient donc aussi tortueux que les sillons que creuse une rivière au sein d’une vallée. Des sautillements de vaguelettes sur des pierres érodées, des lacets d’algues se berçant au rythme du courant de l’eau, des alevins vivaces se faufilant sous ce flot chantant, des libellules tâtant la surface de l’eau en s’ébrouant, autant d’images que l’envie de vivre stimulent et pourtant toujours ce doute, et si j’était seul à percevoir ces cadres de vies, ne serais-je pas dans solitaire? Pourtant l’idée de faire tâter cette perception des joies de l’eau qui chante ou pleure au gré de ses fantaisies de parcours m’étreint. Le bonheur de partager ma vision des cris de la nature, le déferlement des flots légers, baignant dans la quiétude des forêts de son environnement, dans les piaillements d’oiseaux gais et aux couleurs diverses m’enlève le sentiment de solitude. Oui je dois humer, respirer cette faveur de voir une nature riche tendant ses bras à l’amour, aux élans du cœur, oui je dois me mirer sur la surface tremblotante de mon ruisseau. C’est pour moi qu’il coule et porte les images des êtres qui me confortent.
Pourtant l’image d’une femme savourant ce parcours avec moi serait tellement plus rassurante.
Le bonheur seul est difficile mais la solitude existentielle n’est pas là, puisque au fond de la vallée, des effluves de complicités se faufilent et m’encadrent. J’aime, j’aime et ai besoin d’aimer, tout est là et pourquoi chercher plus loin ?
Où ce chemin nous mène-t-il ?
Dès l’orée de cette forêt qu’est la société humaine, une barrière nous barre l’entrée de ce merveilleux étalement de verdures diverses.
Le piquet de charnières que sont la fortune, l’éducation et la santé des adultes sont des pivots incontrôlables nés de la diversité des origines, des diversités généalogiques, des projections mystérieuses d’un au-delà insaisissable et inconnu.
Poussons donc cet amas de planches de la naissance et élançons nous sur ce chemin empierré et poussiéreux. Point d’obstacles infranchissables mais la poussière nous fait glisser tandis qu’à côté un gros caillou fait basculer l’adulte maladroit et trébucher le plus chanceux. La petite pierre s’incruste dans la chaussure des uns tandis qu’elle s’efface devant la pointe du pied de l’autre.
Pourquoi donc ces situations de promenade dans le monde peuvent ils déclencher le rire incontrôlé ou moqueurs des uns et d’autre part arracher des sanglots de douleurs ou de honte chez les autres ?
Et si la nature donnait comme il se doit, des leçons de philosophie, des leçons d’évidence puisque aussi bien, la nature qui nous englobe n’a pas changé et quoi que l’on dise tous les phénomènes intempestifs ont déjà été rencontrés et seront encore retrouvés. Dès lors rien de plus simple que de s’arrêter devant cette barrière à l’entrée du chemin de la forêt.
Une planche à côté d’une autre planche, l’une est pourrie ; sans doute au départ était elle plus ancienne, d’une autre essence d’arbre, rien n’était pareil à l’autre planche gaillarde et fière de sa robustesse dont elle ne pouvait pourtant pas se targuer puisque de tout cela seuls les héritages étaient responsables.
Se projetant de ces planches vers le long chemin après les avoir franchies, que rencontrer sur cette grisaille ? Des cailloux les uns plus gros que les autres, de la poussière et de temps à autre une jeune pousse écrasée par des pieds irrespectueux.
De la planche pourrie on tombe sur un caillou pointu et monstrueusement accroché au sol, c’est la chute dans la poussière assurée et des entorses ou plaies garanties. De la planche solide, on tombe sur un autre caillou tout aussi pointu et agressif, mais celui-là se roule sur le côté et on tombe dans le verdoyant accotement tout au plus un peu empoussiéré au passage. Le paysage de part et d’autre de ce chemin est le même, arbres fiers, herbes ondulantes et verdoyantes, fleurs de toutes les couleurs sous un ciel d’un bleu azur. Et pourtant sa vision est moins bien perçue lorsqu’on est parti de la planche pourrie et de la belle planche, celui qui a continué sa route s’enivre d’une nature qu’il finit par croire sienne.
Telle est la réalité de notre passage sur cette terre aussi ronde et inégale pour tous. Qu’on rafistole la planche pourrie, qu’on balaye ce chemin de ces cailloux malencontreux et tous nous pourrons ainsi vivre avec pour paysage la vision des fleurs certes différentes mais toutes tellement jolies et parfumées, des arbres aux cimes et feuillages très dissemblables mais tous porteurs de vie et de force.
Mais comment imaginer que cette planche pourrie puisse n’évacuer à la limite que la poussière tandis que l’autre peut écarter les gros cailloux. Pourquoi donc cette planche placée, là, en même temps a-t-elle pu être tellement différente de la planche voisine qui a pourtant les mêmes origines. Cela ne tient qu’à un stupide parasite, champignon, moisissure, la vieillesse ou autre qui ont ainsi placé des obstacles tellement différents pour chacun.
Au départ l’arbre était élancé et majestueux, il a servi de la même manière à permettre la vie des planches, pourquoi donc n’a-t-il pas gardé sa nature, son objectif, porter l’ombre, diffuser la lumière, abriter des êtres vivants, oxygéner l’environnement. Et si tout à coup, ce soleil bienfaisant et réchauffant rendait les feuilles plus vertes, les troncs plus puissants, les couches d’écorces plus solides pour produire des planches égales immunisées contre toutes les différences.
Un rêve ?... Rien n’est moins sûr.
Et si nous regardions l’arbre plus intensément, si nous l’admirions plus violemment, ne serait-il pas plus enclin à nous aider à étaler nos différences, à faire en sorte que notre chemin soit moins chaotique, notre barrière plus attrayante par sa beauté d’obstacle indispensable mais constructif ? Et nos planches ne pourraient elles se surpasser, l’une dans l’efficacité, l’autre dans l’humilité ?
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