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Grisaille à l'Hopital |
Non, étape courte à franchir sans appréhensions. Tout ira bien ! Ciel sombre, ciel triste, au delà des nuages vers le néant sans doute mais … au delà ? Oui au delà un ciel d’un bleu lit, d’un bleu où on se lotît, d’un bleu doux et tendre comme le sang des plus grandes veines de mon être. Ce bleu s’épanche en vain de l’âme à la recherche du jaune éclatant, ce soleil que l’on espère tant. De ce halo de lumière éblouissante jaillissent des images, des images d’enfants, des images d’innocence, des images d’amour passionné, d’amour inconscient, d’amour brûlant. Innocence fœtale, innocence exponentielle, la clarté l’enrobe, la porte et la corolle d’un homme s’effondre, le jaune fond dans le bleu et le vert, le vert de l’herbe tendre, le vert de l’espoir, le vert que la nature elle même nous apporte tous les printemps, tous les étés. Verdoyantes ondes parsemées de fleurs aux couleurs multiples génèrent des senteurs et le rouge, ce rouge qui coule dans les artères acheminent dans le cœur de l’homme le bonheur qu’il apprécie tellement. |
Un parcours |
Quel avenir pourrais-je ressentir, est-il possible d’envisager la vie autrement que je ne l’ai commencée ?
J’ai été adulte avant l’âge pour de nombreuses raisons, entre autre la maladie chronique qui m’a toujours minée et d’autre part les responsabilités dont j’ai été prématurément chargé à l’annonce de la seconde guerre mondiale. J’ai vécu dès mes trois ans de vie des expériences mémorables et aujourd’hui encore je suis tel que j’étais à trois ans Est-ce normal ou suis-je donc anachronique jusqu’au bout de mes rêves ? J’ai toujours aimé au-delà des normes et ma première préoccupation dès l’adolescence était de créer une famille et avoir des enfants, sans doute parce que ma propre enfance m’avait été volée. J’ai pourtant suivi cette voie avec des préoccupations probablement discutables mais sûrement louables bien que je sois probablement le seul à le penser. Aujourd’hui je suis aimé, voire même adulé, par tous ceux que j’ai élevé, à une seule exception, ma première fille d’adoption. Et cependant, pas une journée ne se passe sans qu’une immense tristesse ne me pèse. Oui je me sens trahit et pourtant les journées qui se suivent sont la démonstration d’un respect et d’amour indiscutables que ce soit par mes descendants directs ou leurs successeurs. Il me manque un atout important de la vie, la femme. Ma maman et ma sœur ont été les suppléants de cette faiblesse de ma destinée Aujourd’hui encore et plus que jamais elles sont la personnalisation de ma tentative d’être heureux Oui heureusement elles sont là à côté de moi, avec mon papa pour soutien d’hygiène de sentiments. Sans cela, je ne suis rien et un relais m’était indispensable. Je les ai perdus, ces relais, et pourtant je me reproche de ne pas avoir tout fait pour les sauvegarder. Je reste là, à pleurer, bêtement, sans pouvoir justifier de mon désarroi. J’ai tellement envie de compenser tout cela par des gestes symboliques mais tellement difficiles à gérer financièrement Oui j’aime, j’aime plus que tout autre et c’est pour cela que je pleure. Que tous ceux à qui je pense intensément en ce moment se sentent portés par mon désir de les voir heureux, plus heureux que je ne le suis moi même. Qu’ils sachent que mon respect pour leur cœur et leur âme est tel qu’ils doivent se sentir partir vers un ciel accueillant où tous nous nous retrouverons puisque l’amour est le seul lien, et je l’affirme, qui puisse nous unir tant sur terre qu’au-delà. Oui en un triste jour où mon horoscope m’annonçait une compagnie agréable, ma naïveté m’a trahie. Affection et tendresse ne sont pas au rendez-vous Seul le sommeil pourra me porter jusqu’à demain, et demain sera un autre jour Quand donc ce sommeil sera –t-il le meilleur, le dernier ? |