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Futaie d’essences chatoyantes tu m’engages à poser mes pieds sous ta chevelure verte. Pas à pas, levant les yeux je comprends que la nature, par des milliers de pochoirs, a dessiné dans un ciel immensément bleu des contours dentelés, telles des étoiles de jour, des étoiles qui m’appellent. Sont-elles là pour me guider dans ce sous bois, pour me guider à chercher haut, très haut ce que mes empreintes laissent sur ce sol fumant et odorant de feuilles mortes et d’humus. Mes larmes ont-elles détrempé ce tapis de vie qui s’étale là, sous moi. Dure leçon d’humilité, ce que je cherche en bas se trouve sûrement là haut derrières ces rayons transpirants de la cime des arbres majestueux. Une douceur parfumée encense mes narines. Des bruissements de branches mortes chatouillent mon moi, mon intérieur. Entre ce ciel et ce sol baignant je suis. Mais qu’y fais-je ? Est-ce cela que j’attendais, cette solitude, cet écrasement impressionnant. Mon cœur a-t-il manqué d’envergure ? Mon âme était elle empreinte de domination ? L’amour m’étouffe et pourtant sous ces feuillages je ressens l’inquiétude, je recherche la source de mes erreurs. J’y croyais pourtant en cette force que je pensais posséder et qui me parait, en cet instant, si chétive dans la nature. Ma tête bourdonne, mon pouls s’accélère. Tant de souvenirs sont sans doute amassés dans cette clairière bientôt à ma portée. Seront-ils à l’image de cette biche tranquille mais inquiète de m’apercevoir. Ces souvenirs seront-ils donc anxieux, anxieux de l’ambition démesurée que j’ai portée. Tous ces flashs de la femme entourée d’enfants, grands et petits sont-ils donc inaccessibles ? Devrais-je donc partir au dessus de ces dessins de feuilles sur ma voûte céleste pour arrêter mes larmes inutiles, mes chagrins futiles ? Oui, le recul d’une céleste hauteur cerne bien plus que la vanité, hauteur exponentielle, et sans doute de cette vision d’une image d’amour, je pourrais réaliser mon ambition de fondre mon cœur avec ceux que j’aime, Un rêve deviendra certes une réalité, l’amour doit se concevoir par-dessus, étendre des ailes protectrices, éclairer de mille brillants l’esprit, insuffler l’air le plus pur, celui qu’on aurait du respirer sans réserves. La clairière ensoleillée s’ouvre à mes yeux admiratifs. Dans les folles herbes ondoyantes, des papillons généreux s’ébrouent et la biche s’est éloignée. Des dizaines de petites fleurs multicolores garnissent un tapis de lierre sur une vieille brouette. Petites fleurs vous êtes le cœur et l’âme de tous mes enfants et petits enfants et de ceux qui les entourent. La vie d’une brouette vient de se conter. De quel arbre est-elle née ? Quels bras l’ont promenée ainsi chargée ? Combien de sillons a-t-elle creusé de sa robuste roue et quelles charges a-t-elle véhiculé ? Oui si ma vie se fond avec une brouette, c’est grâce à tous ceux qui m’accordent quelques instants si intenses que le crissement de son passage a chanté dans le temps des temps. Soleil, darde donc tes rayons au travers des feuillages célestes sur le charroi d’un bonheur immense, un bonheur tant souhaité et que je crois avoir un peu espéré. |
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